La Semeuse
lundi 12 janvier 2026
L’équipe des Musées et « La Semeuse » vous adressent leurs meilleurs vœux.
En septembre dernier, le Musée de la faïence a refondé quelques-unes de ses salles suite à l’arrivée de la très attendue reine d’Égypte ! Ainsi, au premier étage, tout de suite à droite après avoir monté les escaliers, de nouvelles vitrines vous présentent les productions des succursales et filiales de la Faïencerie de Sarreguemines.
Ce mois-ci, nous nous intéressons à une pièce rare. Acquise en 2019, cette sculpture a été produite par l’usine de Saint-Maurice, près de Paris. Cette usine a une existence relativement courte dans l’histoire de la Faïencerie sarregueminoise : achetée au tout début du 20ème siècle, elle produit des carreaux de faïence ainsi qu’une série limitée de bustes et de statues en terre cuite peinte à la cire à froid, portant la marque spécifique « Art français », dont fait partie l’œuvre du mois.

La Semeuse
v. 1913
Forme n°125
Terre cuite
Peinture à la cire à froid, polychrome
d'après Edouard Drouot
Usine de Saint-Maurice
Faïencerie de Sarreguemines
Cette sculpture est une reproduction de l’artiste de renom Edouard Drouot (1859-1945) intitulée La Semeuse. Edouard Drouot était mouleur, avant de suivre des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et de devenir sculpteur. Fils d’un fondeur, sa sculpture se développe à travers l’ère industrielle : notre Semeuse fait partie de cet héritage. Cette la même silhouette a été déclinée en bronze, en marbre ou en terre cuite. Ici, la cire polychrome dont elle est recouverte lui permet d’être décorée et brillante sans avoir recours à un émail : la cire protège la terre cuite, car elle bouche les pores de la céramique. Cette technique offre un toucher chaud et doux, rare dans la production faïencière. Néanmoins, c’est aussi un point d’attention pour l’équipe des musées.
En effet, en 2021, La Semeuse fait l’objet d’une restauration. L’œuvre a été acquise avec des éclats au niveau du coude et du talon de la jeune femme et une fracture dans le pli de sa robe. Elle était également encrassée, notamment dans les plis de sa robe et, de manière générale, la cire avait capté de la poussière. Un nettoyage a donc été effectué par une restauratrice.
Aujourd’hui, vous pouvez admirer cette œuvre unique dans nos collections et fidèle reproduction de l’œuvre de Drouot. Son visage, plutôt inexpressif, évoque une concentration qui rappelle son travail, le travail de la terre, et qui résonne avec ses couleurs chaudes en tons beige et brun. Par contraste, le léger déhanché de la jeune femme donne à sa démarche un mouvement délicat, accompagné par le froissement du tissu sur ses jambes.
Ainsi, l’équipe des musées vous invite à découvrir ou à redécouvrir La Semeuse, dans une vitrine qui permet de mettre en valeur cette production particulière de l’usine de Saint-Maurice.

